Critique Album - NEXT LEVEL
Après deux singles aux résultats tout à fait honorables, Ayumi emboite le pas en cet fin Mars 2009 avec la sortie de son tant attendue 10e album au titre aussi ambitieux que prometteur: NEXT LEVEL. Car il faut bien le reconnaitre, voilà quelques années que la chanteuse ne cesse de tourner en rond, se complaisant dans un style qui lui va certes comme un gant mais qui passé l'effet de surprise, redevient vite redondant ; l'aura de l'ex J-pop Queen s'éteint progressivement et ne s'illumine aujourd'hui que lors de surprises plus ou moins ponctuelles... On est bien loin des années 99, 2000 et 2001 où tel un rouleau compresseur, la jeune chanteuse inondait le marché de tubes à n'en plus finir en s'adaptant avec non sans une certaine masteria aux modes de l'époque.
Passé ce rapide préambule intéressons-nous plus précisément à l'album en lui même: 14 chansons, dont 10 inédites. Si sur le papier la trackliste de ce NEXT LEVEL à tout pour plaire, il en est malheureusement tout autre puisque derrière ces dix nouvelles chansons se cachent en réalité 4 interludes. Un quota au-delà du raisonnable qui ne cesse de s'intensifier aux fils des années et qui est loin de faire l'unanimité, tout comme les photos à nouveau signées Kazuyoshi Shimomura, qui embarque sa diva dans un univers électro/disco d'un kitshissisme sans nom pour le moins assez déroutant. Une chose est sure, l'album passera difficilement inaperçu !
Comme il est de coutume chez Ayumi, l'album s'ouvre sur le premier des quatre interludes de ce CD, Bridge to the sky. Signé et arrangé par Yuta Nakano, à qui l'on doit notamment talkin' to myself, decision ou encore Mirrorcle World, celui-ci réalise une petite merveille digne des autres everlasting dream, Not yet & Co. C'est fluide, aérien, percutant et pour le coup très bien arrangée. Le chant d'Ayumi, bien que discret et relativement court, est une réelle invitation à l'évasion sous cette base pop/électro relativement discrète. On ne pourra malheureusement pas en dire autant sur la piste éponyme de l'album, qui malgré un encrage pop totalement assumée et maitrisée, n'est qu'une redite d'un certain BLUE BIRD, l'efficacité en moins, preuve si ce n'est que le duo DAI/HAL n'est à ce jour plus en mesure de proposer quoique se soit de nouveau à la chanteuse. Un comble pour un titre comme NEXT LEVEL, qu'on aurait aimé bien plus ambitieux...
Deuxième interlude, Disco-munication avait sur le papier tout pour être une excellente chanson. On pouvait d'ailleurs imaginer sans mal, une piste résolument orientée électro/disco, un peu à la manière d'un Don't leave me alone réactualisé. Oui Disco-munication laissait rêveur. Pourtant du haut de ses 1m32 ce nouvel interlude semble davantage tenir du remix rétro à la fois irritant et original mais aussi totalement risible. CMJK déçoit et fait de Disco-munication une piste tout à fait dispensable et dont le seul but est d'amorcer l'album vers les trois prochaines chansons: EnergizE, Sparkle et rollin'.
EnergizE reste à ce titre la piste la moins convaincante de ce trio, la faute à une batterie d'arrangements pseudo pop/électro grossiers notamment sur les refrains, qui ne font qu'amplifier le chant assez désagréable de la chanteuse sur ce type de piste kawai. Alors bien sur, on est loin d'un HONEY ou MY ALL mais dans l'absolu EnergizE n'en est finalement pas si loin. La chanson est bien trop prévisible et ce ne sont pas les multiples reprises en anglais qui y changent grand chose. A contrario, Sparkle se pose comme l'une des valeurs sures de l'album: charismatique et diablement efficace dans un registre electro/pop maitrisé de bout en bout par le duo Kazuhiro Hara/CMJK, qui réalise ici l'accomplissement de beaucoup de fans, moi le premier. Un must à savourer encore et encore. Dans le même registre mais un cran en dessous, on se délectera du déroutant rollin', qui s'en faire réellement d'étincelle en devient addictif, grâce au phrasé du refrain rapide et efficace. Remercions à nouveau CMJK qui après Sparkle, réalise un très bon travail sur les arrangements sans tomber dans la caricature comme pouvait l'être EnergizE un peu plus tôt.
L'écoute se poursuit sur la première ballade de l'album, GREEN que l'on a plaisir, ou non, à redécouvrir ici. La chanson est en effet loin d'être méconnue des fans puisque sortie en single quelques mois plus tôt à l'occasion des commémorations du 10e anniversaire de la chanteuse. Si celle-ci est toujours aussi agréable grâce à la patte du talentueux tasuku, force est de reconnaitre qu'elle n'a pas totalement sa place à ce stade de l'album. Impression renforcée par son isolement entre le dynamique rollin' et le 3e interlude load of SHUGYO qu'on pourrait aisément rapprocher de l'association d'un Catcher in the Light et d'un taskinst. CMJK fait à nouveau des merveilles et la transition se fait cette fois sans encombre vers la partie pop/rock de l'album. Dommage que ce type de composition ne soit pas suffisament exploitée et sans arrêt réduit à de simples pistes instrumentales.
Quatrième chanson inédite, identity est incontestablement la meilleure surprise de cet album dans un registre pop/rock industriel efficace digne des meilleurs travaux de la chanteuse. Yuta Nakano, qui compose et arrange la chanson, prouve qu'il est capable du meilleur sans toutefois renier les pistes du genre. A ce titre le morceau rappelle par bien des aspects un certain 1 LOVE ou plus récemment Decision... Toutefois la comparaison s'arrête là, car si 1 LOVE échouait lamentablement, identity peut se targuer d'un refrain totalement addictif et d'un pont musical original travaillé comme on les aime ; le bruyant et trop brouillon Rule parait alors bien fade et pré formaté pour réellement interpeller. Miki Watanabe et HAL déçoive à plus d'un titre après le jouissif is this LOVE, il y a 4 ans.
Avant dernière inédite, LOVE 'n' HATE, est peut-être LA chanson qui manquait depuis quelques temps à la longue discographie de la chanteuse et qu'on attendait paradoxalement surement pas vraiment. Ayumi étonne et ose pour une fois sortir du long sentier dans lequel elle s'était engouffrée. Celle-ci parait en effet bien plus mature que les anciennes productions de la chanteuse grâce à des arrangements savamment distillés mêlant habilement violons synthétiques sur une rythmique qu'on aurait davantage vu chez une Namie Amuro ou d'une Koda Kumi. Une chose est sure, l'essai est bien plus concluant qu'un certain In the corner quelques années plus tôt et a au moins le mérite de ne laisser personne indifférent. Gageons que ce genre d'incursions et d'initiatives sera réitérer par la suite.
Qu'il est bon à ce sujet d'entrevoir un peu de renouveau chez le Duo HAL, qui font de leur Pieces of SEVEN, dernier interlude de NEXT LEVEL, une agréable alternative à leur incessant piano synthétique et à leur univers onirique/chiant qui n'offrait depuis 2002 aucune once de créativité. C'est pour le coup assez réussi, efficace, l'interlude se permettant de surprendre à la dernière minute, rappelant la bonne vieille époque ou HAL réalisait d'excellent remix pour le compte de la chanteuse ; tout le contraire de la ballade days aux arrangements totalement massacrés et aseptisés à souhait par nos deux compères. Dans le même genre on lui préfèrera le charismatique Curtain call, nouvelle ballade pure et dure dans un registre piano/voix certes risqué mais ici totalement maitrisé par Ayumi qui prouve une de fois de plus qu'elle est capable du meilleur. L'interprétation tout en nuance couplée à cette jolie, quoique basique mélodie, fait son petit effet et permet de clôturer l'album sur une touche d'émotion communicative. On est loin d'un certain JEWEL sans personnalité ou d'un CAROLS soporifique...
Soyons franc tout de suite, le NEXT LEVEL d'Ayumi est loin de remplir l'objectif affiché par la star malgré quelques bonnes surprises et un potentiel intact. Non pas que l'album soit mauvais en soit, il est même plutôt bon, mais plusieurs choses viennent ternir le constat final. Tout d'abord comment ne pas s'exaspérer du nombres d'interludes, qui malgré leur qualité n'apportent finalement pas grand chose à l'ensemble de l'opus si ce n'est combler les trous et faire les transitions entre les différentes parties de l'album. Autre point non négligeable c'est tout simplement l'ordre de la trackliste elle-même qui pose problème ; le tout est très mal agencé et manque cruellement de cohérence. Enfin, si la chanteuse souhaite réellement passer au NEXT LEVEL peut-être devrait t-elle faire un peu plus qu'effleurer un nouveau style en commençant par effectuer un peu de turn-over autour d'elle. Reste quelques surprises comme le mirifique Sparkle qui fait déjà office de référence, identity, l'étonnant LOVE 'n' HATE, cutain call et rollin' dans une moindre mesure. Le reste se laisse écouter sans plus. Dommage.
Commentaires
Effectivement, la note peut paraitre très sévère pour un album qui finalement me plait. D'ailleurs à l'origine je lui aurais mis un 7 mais je voulais vraiment pousser un coup de gueule sur le nombre d'interludes et sur cette trackliste que je trouve très très mal foutue.
Oui mais ce ne sont que des détails!
Enfin je suis bien d'accord et je le dis aussi, l'agencement des chansons est horrible, le nombre d'interlude déplorable et forcément si on s'arrête à ça, c'est 5/10 qui lui faut xD
Mais passer au dessus de ça, l'album est aussi bon que GUILTY, moins varié peut être (et encore), avec des pistes singles relativement bonnes, et des inédites tenant très bien la route (voire meilleures que MY ALL, GUILTY (même si je l'adore) et Untitled for her par exemple) donc voilà, la grosse claque ne viendra peut être plus jamais, mais ne viens pas me dire que tu trouves NEXT LEVEL pire qu'un Secret O_O (enfin tout dépend de la note que tu atttribuerais xD) pour ne citer que lui loool
Enfin bon ce n'est qu'une note, je m'emballe un peu désolée!
Non je ne le trouve pas pire que Secret loin de là, il est différent et comparer les deux risquerait d'être ardu. Je ne dis pas que cet album est mauvais loin de là il me plait mais objectivement ce n'est pas non plus un grand chamboulement. La note est salée mais encore une fois ce n'est qu'une note... J'aurais très bien pu lui mettre 7 ou 8 mais que vaudra NEXT LEVEL dans quelques mois ? Pour ma part je suis convaincu qu'il n'en restera pas grand chose.
Cover Arts
Hello!?
I'm Japanese Ayumi Hamasaki fan!!
Where get next level usb model's HQ cover art??
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Raaah mon commentaire a été effacé -__-
Je disais donc que nos critiquent se rejoignent sur pas mal de points c'est effarant O_O
Et ce qui est curieux c'est que nos notes diffèrent bien beaucoup O_O
6/10 j'avoue je suis choquée PTDRR je trouve ça assez bas pour un album qui tient vraiment bien la route ormis la trackliste mal agencée et le nombre d'interludes, je trouve que NEXT LEVEL est dans son genre meilleur qu'un MY STORY ou qu'un Secret!